• Exercices du jour - 1

    Un exercice que j'aime bien faire de temps en temps, assez classique au demeurant, mais qui donne des résultats surprenants et (parfois !) poétiques : je veux parler du cadavre exquis ! Enfin, de l'une de ses applications, car habituellement, il se fait à plusieurs.

    Le principe est simple : il suffit de faire une liste de noms, puis d'adjectifs, de compléments du nom, de verbes (transitifs si possible, ce que j'ai visiblement oublié ce matin, vous vous en rendrez compte en remarquant la structure de certaines phrases), de compléments circonstanciels et de compléments d'objets (d'où l'importance de la transitivité des verbes). Ensuite, on assemble le premier nom avec le premier adjectif, etc., on recommence avec la seconde série de mots, jusqu'à la dernière. Très important : toujours écrire une liste de mots de même nature ou une liste d'expressions de même fonction, car le tout, c'est d'arriver à des phrases qui n'ont vraiment ni queue, ni tête, mais qui sont grammaticalement impeccables. On a quand même le droit de modifier un peu la structure de la phrase, non pas pour lui donner plus de sens, mais juste pour éviter qu'elle soit disloquée.

    On arrive alors avec des phrases du genre :

     

    La lanterne rouge des arbres morts enterre, sans plus de précision, des agrafes éparses.

     

    Ça n'a pas de sens, mais c'est rigolo et ça permet, quand on est en manque d'inspiration, de se défouler un peu le poignet avant d'écrire pour de vrai. Et hop ! en voici quelques autres, celles de ce matin, toute fraîches de chez le poissonnier :

     

    L'eczéma carnassier de l'habituelle grand-mère sable avec tendresse un ou deux chiens de prairie.

     

    Un héliotrope ambré aux cheveux épais circonscrit les moules de vase dans la soupe.

     

    Le carbonifère idéal, plein d'artichauts, répète, assez étrangement, l'effet d'un aphrodisiaque incertain.

     

    Un hélicoptère colloïdal grammaticalement correct fait décroître les cosaques allongés sur le toit de l'opéra de Dunkerque.

     

    La maison éprouvante de l'entre-deux-guerres s'alite très à propos dans une bière olympique.

     

    L'animal cuivré de la lune sanglante s'époumone sur une serviette de bain avec des passages étroits.

     

    Le masque abominable des fleurs de fontaine étanche, à côté d'un évêque doré, sa soif de musique de chambre.

     

     

    Le but n'est pas d'en faire un roman : ce serait assez chiant à lire et, du reste, les surréalistes ont usé et abusé du stratagème. Mais écrire ce genre de coquefabues au réveil remet assez bien les neurones en place, ne trouvez-vous pas ? Et maintenant, amusez-vous, amis terriens !

     

     

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